Citations du dimanche : Cécile Roche et la bienveillance

La bienveillance est avant tout une façon de considérer l’autre avec un a-priori positif. C’est l’attitude qui consiste à mettre dans son rapport à l’autre une intention positive, sans naïveté mais sans idée préconçue. C’est aussi supposer que l’attitude de l’autre n’est pas sous-tendue par des intentions négatives. Cela suppose de s’intéresser aux faits sans les interpréter de prime abord, tout simplement parce que l’interprétation des faits est la traduction de nos propres convictions et de nos propres valeurs bien plus que celles de la personne qui est à l’origine des faits. La bienveillance désamorce les conflits au lieu de les envenimer (…) elle installe les conditions positives d’une co-construction plutôt qu’entretenir une spirale négative de défiance. La bienveillance est un pari gagnant. Faire l’hypothèse que les intentions de l’autre ne sont pas malveillantes c’est en prendre un risque très faible en regard du bénéfice attendu. 

Voici la page la plus importante que vous lirez dans un ouvrage de management cette année. Cécile Roche est directrice du lean et de l’agile pour le groupe Thalès. Le Lean en Questions est son second ouvrage et c’est un livre admirable.

Depuis plusieurs années, elle déploie cette pratique du management au quatre coins du monde dans chacune des filiales du groupe. Cet ouvrage est imprégné d’une profonde sagesse inspirée par ses inlassables aller-retours entre la pensée et l’action. Une réflexion construite alors qu’elle rencontre les différents métiers du groupe, en particulier l’ingénierie (cf. sa présentation remarquable au Lean Summit 2016) et la question centrale des organisations du 21ème siècle qui est celui de la création et la partage de connaissance validée.

Indépendamment des nombreuses fulgurances qui traversent ce livre sur lequel nous reviendrons bientôt, ce passage sur la bienveillance est sa réponse à la question : pourquoi est-il si difficile de faire confiance (dans nos organisations). Une bienveillance dont l’exigence est une composante comme le rappelle l’auteure. Une bienveillance qui fait en outre écho à la Theory Y de Douglas McGregor, théorie mise en application par de nombreux dirigeants exemplaires tels Bill Gore (WL Gore) ou encore Robert Townsend (Avis).

On peut voir une grande analogie entre l’apologie de la bienveillance par Cécile dans cet ouvrage et celle de la candeur par Ed Catmull dans sa biographie Creativity Inc.  En outre, le CEO de Pixar y explique comment, lorsqu’il s’invite dans des réunions de travail sur des projets de film, il s’assure que cette candeur demeure pour ne pas compromettre la fragile flamme de la créativité. Tout comme la bienveillance, la candeur est un moyen de favoriser la collaboration et l’excellence. Et tout comme la candeur, il existe des pratiques pour s’assurer qu’elle demeure : des pratiques inscrites dans l’approche lean originelle, que l’on pourrait résumer à la satisfaction des clients par le respect et le développement des personnes.

Des pratiques et principes rafraichissants et essentiels dans la société de défiance, qui est la nôtre.

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