Citations du dimanche – George Steiner

“La domination planétaire de l’anglo-américain tient à quelque chose de plus profond que la technique et l’économie. La langue américaine contient, en elle-même, une promesse d’avenir, d’espoir. Cela remonte à la formule de la déclaration d’indépendance américaine de 1776 qui institue “la recherche du bonheur” comme “droit inaliénable”. Aucun autre peuple ne s’était donné une telle fin. Cette langue semble murmurer à des millions d’hommes défavorisés dans le monde qu’il y a une chance. C’est pour cela qu’on l’apprend sur la planète entière.”

Citation tirée d’une interview-somme de Georges Steiner dans le Philosophie Magazine #31. L’homme de lettres polyglotte, puits de culture et de bienveillance y raconte comment il a traversé le siècle en s’appuyant sur plusieurs cultures et plusieurs langues maternelles. Magnifique.

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13 comments

  1. Un peu étonné par cette citation, je dois avouer que la phrase
    “La langue américaine contient, en elle-même, une promesse d’avenir, d’espoir.”
    me semblerait plus cohérente si l’on remplaçait “langue américaine” par “espéranto”, qui était le pseudonyme de l’inventeur de cette langue internationale : Doktoro Esperanto (“le docteur qui espère”).
    De même à propos de
    “Cette langue semble murmurer à des millions d’homme[s] défavorisés dans le monde qu’il y a une chance.”
    correspondrait mieux à “l’idée interne” de l’espéranto, définie comme « la fraternité et la justice entre tous les peuples » ; car, contrairement à l’anglais, indéniable véhicule de l’impérialisme des USA, l’apprentissage volontaire et facile de cette jeune langue (elle vient de fêter ses 125 ans) met tous ses locuteurs sur un pied d’égalité : personne n’a à s’efforcer de plus ou moins balbutier la langue maternelle de l’autre, au risque du ridicule qui, s’il ne tue pas toujours, engendre néanmoins souvent le mépris ou, au mieux, la condescendance chez les locuteurs natifs de la langue “supérieure” (les non-anglophones de naissance commençant à ne plus être partout, y compris dans leur propre pays, que des citoyens de seconde zone).
    Si l’on apprend l’anglo-américain sur la terre (presque) entière, c’est bien parce qu’elle est imposée par une domination politico-économique, comme le russe l’a été en URSS et dans tous ses pays satellites. Et comme le russe a totalement régressé dès l’effondrement de l’URSS, on peut prévoir sans trop de risque d’erreur, qu’il en sera de même dès l’effondrement des USA, déjà l’un des pays les plus endettés du monde si je ne m’abuse.
    Christian Lavarenne, docteur en histoire contemporaine de Paris 13
    (thèse sur l’idée interne de l’espéranto, avec félicitations du jury)

    • Bonjour et merci pour votre commentaire.

      Mais je ne suis pas convaincu et reste intimement attaché à la vision de Steiner car c’est celle d’une personne qui a grandit dans une éducation polyglotte et a vécu dans de nombreux pays.

      L’esperanto est une belle idée n’est pas enracinée dans une culture ou une histoire.

      • Bonjour à tous et à Cecil en particulier,
        Cecil, vous n’êtes pas convaincu, dites-vous?
        Eh bien, tant pis pour vous, mais les faits sont les faits.
        De plus, votre dernière phrase montre une chose: vous croyez savoir, et en fait vous dites des sottises. De nouveau, tant pis pour vous.

        Comprenez moi bien, Cecil, vous avez parfaitement le droit “de rester intimement attaché à la vision de Steiner”, mais vous pourriez aussi aller voir à côté s’il n’y a pas également un petit rayon de soleil…

        Je profite de l’occasion pour signaler au traducteur, ou plus sûrement à la personne qui a recopié la citation de Steiner en français, qu’il y a deux superbes fautes.
        “Indépendance” en français s’écrit ainsi, avec un “a”, S.V.P.!
        De plus, “des millions d’hommes défavorisés”, merci de mettre le mot homme au pluriel, donc avec un “s” à la fin.

        Je vous adresse donc mes salutations, mais pas mes félicitations.
        Thierry Saladin

      • Ouh la ! mais y’a toute la bande. Hey salut Thierry !

        Je vais aussi vous dire un secret : sur l’internet mondial il n’y a pas une personne qui pense, une seconde qui dicte, une autre qui écrit, une quatrième qui vérifie et une dernière qui publie. Ce billet relève de ma seule responsabilité (je l’ai recopiée rapidos pendant le petit déjeuner avec des mains pleines de confitures). Cela désole nombre de nos intellectuels mais c’est ainsi – vous avez raison les faits sont têtus.

        Cela présente l’inconvénient d’introduire des fautes d’ortographe (que vous relevez et que je corrige aussitôt la beauté de la publication électronique) mais l’avantage d’échanger des idées entre des personnes qui, pour le coup, n’ont absolument rien à voir, même si votre phrase (tant pis pour vous machin truc etc …) me laisse à penser que l’échange n’est pas vraiment votre sujet.

        Reste que je vous félicite pour votre ortographe.

      • C’est bien sûr votre droit de verser dans l’irénisme et d’oublier pour cela toutes les guerres des USA pour leurs intérêts économiques (je ne remonterai pas plus loin que la première guerre du Golfe, puis l’Afganistan : oléoduc prévu). Ils ont sans doute moins d’intérêts en Syrie et au Mali.
        J’ai moi aussi vécu dans plusieurs pays, dont
        la Norvège qui est en train de perdre sa langue car il est difficile à un étranger de l’apprendre : la plupart des gens s’adressent à vous en anglais empêchant l’indispensable bain linguistique ;
        et l’Inde (1 an à l’université de Calcutta) : dans ce pays réputé non-violent les manifestations parfois violentes contre l’anglais ne sont pas rares, avec arrachage et destruction des enseignes en anglais en de grands feux de joie (avec l’accord tacite des autorités locales, la police n’intervenant que très tardivement… quand elle finit par intervenir).

        Quant à l’opinion en fait sans fondement que l’espéranto ne serait pas enraciné dans une culture ou une histoire, elle est presque offensante pour moi et pour mon directeur de recherche : comment donc aurions-nous pu écrire, lui une HDR de 877 p. et moi une thèse de doctorat de 1668 p. (le jury, lui aussi composé de Professeurs d’histoire, après m’avoir reproché ma prolixité, m’a néanmoins décerné la plus haute mention possible : très honorable avec les félicitations) si l’espéranto n’avait pas d’histoire, en 125 ans depuis son lancement (à quoi il faut ajouter les quelques dizaines d’années de sa proche préhistoire : la légère influence du volapük, et la lente élaboration de la langue avant sa publication en 1887).
        Et sur le premier point même le précédent ministre de l’éducation nationale avait déjà fini par reconnaître : “L’espéranto (…) se construit actuellement une culture propre qui reste encore bien jeune.”*
        Or cette culture propre (aux 40.000 ouvrages)** est enracinée non pas dans une ou deux cultures principales (comme le français dans les cultures gréco-latine et judéo-chrétienne), mais dans presque toutes les cultures du monde, avec entre autres, par exemple, des traductions littéraires aussi de langues moins connues mais d’une valeur non moins grande que l’anglais : Kalevala (l’épopée finnoise), de nombreux romans hongrois, chinois etc.***
        Pour la littérature originale, voyez par exemple http://esperanto.net/literaturo/poem/index.html et esperanto.net/literaturo/roman/index.html

        Christian Lavarenne

        * [Luc CHATEL], Réponse publiée in JO, 20-04-2010, p. 4509 (questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-61840QE.htm), à la question écrite n° 61840 de M. Olivier JARDE (Nouveau Centre – Somme).
        ** La plupart conservés par exemple à la Bibliothèque nationale d’Autriche : voyez http://www.onb.ac.at/eo/planlingvoj/index.htm (en espéranto ; ou, si vous lisez mieux l’anglais : http://www.onb.ac.at/ev/collections/plansprachen.htm).
        *** Voir l’exemple de la collection Orient-Occident (liste d’une cinquantaine de titres), à http://fr.wikipedia.org/wiki/Serio_Oriento-Okcidento

  2. La propagation de l’anglais est bien moins idyllique qu’il n’y paraît à trop de gens.

    Un ancien du British Council, le professeur Robert Phillipson, est sans doute parmi les mieux informés sur cette question. Il est en effet l’auteur de “Linguistic Imperialism” (1992) et il en a publié une suite en 2010 : “Linguistic Imperialism continued”.

    Pour une analyse plus approfondie, je suggère de consulter : “Histoire sociolinguistique des États-Unis” — http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/amnord/usa_6histoire.htm

    en particulier :

    (5) L’Amérique anglocentrique
    (6) L’Amérique eurocentrique

    et surtout

    8 ) La superpuissance et l’expansion de l’anglais

    – La planète comme excroissance des États-Unis
    – Les critères de la superpuissance
    – Le XXIe siècle sera-t-il anglo-américain?

    A voir aussi : “Une colonie ordinaire au XXe siècle”, de Charles Durand — http://www.eme-editions.be/fr/eme-societe/45803-une-colonie-ordinaire-du-xxe-siecle-fernelmont-9782875250483.html

    A Toronto, j’ai eu l’occasion de participer à un congrès de l’association culturelle mondiale SAT dont la langue de travail est, depuis sa fondation, en 1921, l’espéranto. L’un des participants, Mark Starr — http://en.wikipedia.org/wiki/Mark_Starr_(labor_educationalist) — m’avait dit : “Celui qui impose sa langue impose l’air sur lequel doivent gesticuler les marionnettes.” Et c’est bien ce qui se passe.

    Mieux vaut donc la recherche personnelle plutôt que l’écoute de mythes :

    “Communication linguistique: Où sont les mythes? Où sont les réalités?”, par Claude Piron, francophone, ancien traducteur de l’Onu polyvalent pour l’anglais, l’espagnol, le russe et le chinois, auteur de “Le défi des langues” (éd. L’Harmattan, Paris) — http://claudepiron.free.fr/articlesenfrancais/mythesrealite.htm

    “L’anglais global : mythe ou réalité ?”, par Robert Phillipson (résumé) — http://www.planetagora.org/blog/index.php?2011/06/23/277-langlais-global-mythe-ou-realite-par-robert-phillipson

    J’ai moi–même rédigé un article intitulé “Le « cadeau » de Gordon Brown au monde” suite à un discours de l’ancien premier ministre britannique Gordon Brown qui, le 17 janvier 2008, avait prétendu lui aussi que l’anglais était un “cadeau” fait au monde. Je n’ai malheureusement pas encore eu le temps de le réviser pour supprimer des fautes et des liens qui ne sont plus valides, mais l’essentiel y est — http://www.droits-linguistiques.org/dokumento/Henri_Masson_Le_cadeau_de_Gordon_Brown_au_monde_31_05_2009.pdf

    Quant à affirmer que l’espéranto “n’est pas enracinée dans une culture ou une histoire”, le but et la vocation d’une langue internationale digne de ce nom (l’anglais est avant tout la langue NATIONALE” d’un groupe de pays) ne sont pas de “s’enraciner dans une culture” mais de permettre une communication équitable entre diverses cultures.

    Ensuite, l’histoire de l’espéranto s’insère parfaitement, comme celle de nombreuses grandes idées et progrès de l’humanité, dans l’Histoire avec un grand “H” : “l’espéranto est une langue construite avec intelligence et qui a une histoire très belle” (prof. Umbert Eco, “L’Événement du Jeudi”, 1994). Umberto Eco s’est senti obligé d’étudier l’espéranto pour préparer un cours au Collège de France sur le thème de “La recherche de la langue parfaite” qui est aussi le titre de son ouvrage publié en 1994. Plusieurs pages sont consacrée à l’espéranto après le sous-titre “Les possibilités d’une LIA” (Langue Internationale Auxiliaire, p. 376). Son jugement n’est donc pas établi sur le ouï-dire ou des préjugés colportés par des gens parfois mal intentionnés, parfois simplement naïfs ou mal informés.

    En dehors de ça, l’espéranto est un nom masculin, ou alors il aurait fallu écrire la “langue espéranto”… “enracinée”.

    Enfin, pour émettre un avis sur un sujet, mieux vaut d’abord bien le connaître et disposer de tous les éléments nécessaires à une bonne comparaison :

    “The closest thing to a universal human language today is English, he added, but English in many ways fails to live up to Zamenhof’s dream, which was to help create a more egalitarian world.“

    “Kvazaŭa universala homa lingvo hodiaŭ estas la angla, sed la angla multrilate ne plenumas Zamenhofan revon, kiu celis helpon al estigo de pli egalrajteca mondo.“

    “La chose la plus proche d’un langage universel humain est aujourd’hui l’anglais, mais, à de nombreux égards, l’anglais ne parvient pas à la hauteur du rêve de Zamenhof qui a été d’aider à la création d’un monde plus équitable.“

    Jonathan Pool, politologue, spécialiste de politiqiue linguistique (États-Unis): “National Geographic“, 15-12-2009 — http://news.nationalgeographic.com/news/2009/12/091215-ll-zamenhof-google-doodle-esperanto-150th-birthday.html

    • Et voici ma réponse (qui passera donc aussi j’espère) à Cecil :

      C’est bien sûr votre droit de verser dans l’irénisme et d’oublier pour cela toutes les guerres des USA pour leurs intérêts économiques (je ne remonterai pas plus loin que la première guerre du Golfe, puis l’Afghanistan : oléoduc prévu). Ils ont sans doute moins d’intérêts en Syrie et au Mali. J’ai moi aussi vécu dans plusieurs pays, dont la Norvège qui est en train de perdre son rayonnement linguistique (et donc culturel) car il est difficile à un étranger de l’apprendre : la plupart des gens s’adressent à vous en anglais empêchant l’indispensable bain linguistique ; et l’Inde (1 an à l’université de Calcutta) : dans ce pays réputé non-violent les manifestations parfois violentes contre l’anglais ne sont pas rares, avec arrachage et destruction des enseignes en anglais en de grands feux de joie (avec l’accord tacite des autorités locales, la police n’intervenant que très tardivement… quand elle finit par intervenir).

      Quant à l’opinion en fait sans fondement que l’espéranto ne serait pas enraciné dans une culture ou une histoire, elle est presque offensante pour moi et pour mon directeur de recherche : comment donc aurions-nous pu écrire, lui une HDR de 877 p. et moi une thèse de doctorat de 1668 p. (le jury, lui aussi composé de Professeurs d’histoire, après m’avoir reproché ma prolixité, m’a néanmoins décerné la plus haute mention possible : très honorable avec les félicitations) si l’espéranto n’avait pas d’histoire, en 125 ans depuis son lancement (à quoi il faut ajouter les quelques dizaines d’années de sa proche préhistoire : la légère influence du volapük, et la lente élaboration de la langue avant sa publication en 1887). Et sur le premier point même le précédent ministre de l’éducation nationale avait déjà fini par reconnaître : “L’espéranto (…) se construit actuellement une culture propre qui reste encore bien jeune.”* Or cette culture propre (aux 40.000 ouvrages)** est enracinée non pas dans une ou deux cultures principales (comme le français dans les cultures gréco-latine et judéo-chrétienne), mais dans presque toutes les cultures du monde, avec entre autres, par exemple, des traductions littéraires aussi de langues moins connues mais d’une valeur non moins grande que l’anglais : Kalevala (l’épopée finnoise), de nombreux romans hongrois, chinois etc.*** Pour la littérature originale, voyez par exemple http://esperanto.net/literaturo/poem/index.html et esperanto.net/literaturo/roman/index.html

      * [Luc CHATEL], Réponse publiée in JO, 20-04-2010, p. 4509 ( questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-61840QE.htm), à la question écrite n° 61840 de M. Olivier JARDE (Nouveau Centre – Somme). ** La plupart conservés par exemple à la Bibliothèque nationale d’Autriche : voyez http://www.onb.ac.at/eo/planlingvoj/index.htm (en espéranto ; ou, si vous lisez mieux l’anglais : http://www.onb.ac.at/ev/collections/plansprachen.htm). *** Voir l’exemple de la collection Orient-Occident (liste d’une cinquantaine de titres), à http://fr.wikipedia.org/wiki/Serio_Oriento-Okcidento

      Je me suis aperçu, trop tard maintenant pour le corriger que j’avais oublié le *h* à Afghanistan, et oublié d’intégrer une petite amélioration (qui figure donc seulement ici).

  3. Bonjour et merci pour votre commentaire.

    Oh mon dieu, comme ce ton docte me manquait (rires). Bon je vais vous dire un secret : idée est féminin.

    Ce qui me gêne beaucoup c’est ce jugement moral (l’Amérique c’est le mal etc …) . Il n’y a pas de jugement moral dans cette constatation de Steiner que je trouve très juste. Si nous voyons dans cette langue un espace d’espoir cela ne veut pas dire que c’en est un.
    Je vous donne une autre citation très belle et qui résonne beaucoup chez moi : “l’Amérique a colonisé notre inconscient”, citation d’un autre social traitre (Wim Wenders).

    Le rêve américain a fait long feu (comme dirait Richard Wilkinson : si vous voulez vivre le rêve américain allez essayer au Danemark)

    L’esperanto, encore une fois est une idée très beau (pour vous faire plaisir, hein). Reste que ce n’est pas une langue qui évolue par les pratiques et cultures multiples de populations hétérogènes. En ce sens je me permets de la trouver très théorique et hors du champs culturel.

    S’il s’agit d’une langue pratiquée par des scientifiques, des chercheurs ou des diplomates dans des conférences internationales, je crains fort qu’il y ait peu de chances qu’elle devienne la langue de l’espoir pour des millions d’hommes normaux qui rêvent d’améliorer leur condition. Ce qui nous ramène à la beauté (en ce qu’elle illustre une réalité observée – et ce n’est encore une fois pas un jugement moral) de la citation de Steiner.

    • L’anglais et l’espoir, ce sont des choses difficilement compatibles. Améliorer sa condition à l’aide de l’anglais est une espèce de pub qui existe depuis longtemps, mais la réalité démontre le contraire. L’hypothèse n’ayant pas trouvé sa confirmation est nulle et non avenue.

  4. C’est là un comportement parfaitement illustré par la chanson que voici de Jean Gabin : http://www.youtube.com/watch?v=orDR4JA91F4

    Pour répondre à la conclusion — “S’il s’agit d’une langue pratiquée par des scientifiques, des chercheurs ou des diplomates dans des conférences internationales, je crains fort qu’il y ait peu de chances qu’elle devienne la langue de l’espoir pour des millions d’hommes normaux qui rêvent d’améliorer leur condition.“— il se trouve que le congrès de Toronto auquel j’avais participé était celui d’une organisation de travailleurs espérantophones. Parmi les nombreuses personnes avec lesquelles j’ai des échanges en espéranto, il n’y a pas que des intellectuels, loin de là, et les scientifiques et diplomates sont très minoritaires.

    Cette langue représente au contraire un espoir pour des peuples opprimés quand ils ont la possibilité de savoir qu’elle existe. La désinformation est telle que bien chanceux sont ceux qui peuvent savoir que l’espéranto existe et peuvent en avoir une approche moins superficielle que vous.

    Parmi mes correspondants, j’ai un enseignant d’anglais et d’espéranto qui anime un club d’espéranto à Rutshuru. Plusieurs membres de ce club sont morts du fait des atrocités qui se déroulent dans cette ville du Nord Kivu et dont nos médias ne parlent pas plus que de l’espéranto : http://radiookapi.net/emissions-2/dialogue-entre-congolais/2013/03/04/ce-soir-retrait-des-fardc-de-rutshuru-48-heures-apres-leur-deploiement/

    Ce matin, sur Facebook, j’ai trouvé un message de Nelly Masemi, présidente de l’association féminine congolaise d’espéranto qui s’occupe des femmes victimes de viols et des enfants orphelins http://www.ipernity.com/blog/32119/310966 .

    En Tanzanie, l’espéranto est apprécié dans des camps de réfugiés parce qu’il permet de trouver un moyen rapide d’intercompréhension entre gens de diverses origines linguistiques.

    Pour une langue dont on ne parle presque pas, sinon avec condescendance — et vous en êtes l’illustration — alors qu’on martelle partout que la langue internationale est l’anglais tout comme d’autres prétendent qu’Allah est le dieu qui lave plus blanc, c’est finalement très honorable.

    Quant à l’allusion “(l’Amérique c’est le mal etc …)”, j’ai parfois été accusé d'”anti-américanisme primaire” par des gens dont le niveau de réflexion était précisément primaire. Donc, pas grave.

    Il faudrait arrêter de regarder l’espéranto de haut.

  5. OK on va recadrer le débat car encore deux réponses et on fera référence à la Shoah.

    Steiner dit que l’anglais est vu comme la langue de l’espoir par des gens qui veulent améiorer leur condition. Cela résonne d’un écho particulier chez moi et je trouve cette hypothèse particulièrement pertinente. Cela ne veut pas dire que l’Amérique c’est (factuellement) le paradis. Encore une fois il n’y a pas de jugement de valeur ni de distribution de bons points.

    Vous avez le droit de regretter qu’il ne cite pas plutôt l’esperanto. Mais s’il l’avait fait je n’aurais pas publié la citation et nous n’aurions pas eu la chance de cette charmante discussion.

    Le motif de ce billet était ni de faire une évaluation d’ortographe ni de rendre hommage aux chercheurs qui travaillent sur cette langue (ou aux personnes qui travaillent dans l’humanitaire et pour qui cette langue est un outil précieux – ce que j’ignorais).

    Je regarde cette langue depuis la perspective de ce blog (Organisations, Cultures et 21ème siècle). Si vous y voyez de la condescendance c’est votre problème.

    Maintenant vous m’excuserez mais la vraie vie m’appelle.

  6. Un seul exemple parmi beaucoup d’autres : l’espéranto a été la première langue étrangère apprise durant son adolescence par Georges Kersaudy, l’auteur de “Langues sans frontières” (éd. Autrement).

    Il y décrit 39 langues de l’Europe dont l’espéranto. Dans sa vie de fonctionnaire international, il a énormément voyagé. Il avait plusieurs appartements à travers le monde et il été amené à parler, écrire et traduire une cinquantaine de langues de l’Europe et de l’Asie dont l’espéranto dans le cadre de ses fonctions.

    Plusieurs pages de son ouvrage de 380 pages sont consacrées à un plaidoyer pour l’espéranto dans le rôle de langue internationale.

    Au fait !

    Le prénom anglais George s’écrit sans “s”. ;-))) (Groß rigolade !)

    Finalement, je préfère “mon ” Georges qui, lui, au moins, sait de quoi il parle !

    La vie réelle est finalement très drôle !

    J’ai effectivement maintes fois remarqué que le fait de discuter avec une brouette ne l’a jamais fait avancer.

  7. Bonjour à tous,

    Wayness merci pour votre commentaire un peu expéditif tout de même.

    Bon les gars, pour la première fois sur ce site (ouvert il y a près de 6 ans), je décide de fermer les commentaires. Se faire traiter de brouette n’a jamais fait partie des objectifs de ce blog.

    Pour ce qui est de Riton-la-science et de ses potes, vos fixettes sur le nombre de pages des ouvrages ou de vos thèses, sur vos diplômes et les félicitations que vous avez obtenues, sur les fautes d’ortographe et la jubilation prépubère qu’elles vous inspirent, et enfin sur l’insulte personnelle comme exténuation de la rhétorique, tout cela présente un spectacle consternant d’autistes satisfaits (comme dirait Onfray) utilisant la culture et la connaissance comme armes de jugement et de distinction. A ce titre, vous êtes les vestiges d’un monde finissant qui ne suscitera aucun regret.

    Je pense qu’aucun de nous n’a pris cette discussion par le bon bout et les échanges n’ont donc pas pu avoir lieu. Je ne sais pas si c’est dommage.

    Discussion fermée donc.

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