Dominique A : Carré des Jalles 30/10/2009

Accompagné par un batteur, un clavier et un guitarise-clavieriste l’auteur compositeur a donné une représentation de 2 heures, obtenant trois rappels et autant de standing ovations.

Un symbole de la générosité du chanteur et de la connivence qu’il est parvenu à établir avec le public : durant ce dernier rappel il joue Dans Un Camion à la demande d’une personne du public qui l’interpelle.

S’il a naturellement accordé une part prépondérante à son dernier et impressionnant album  (La Musique) sorti cette année, Dominique A. peut tout de même s’appuyer sur sa discographie imposante pour remplir son tour de chant.

Une discographie inégale mais toujours ambitieuse, construite dans l’intégrité et sans la moindre concession. On retrouve ainsi des extraits des classiques : La Mémoire Neuve (95) avec Le 22 bar, Auguri (2001, mon favori)  avec Pour La Peau ou Le Commerce de l’Eau, ces deux dernières interprétations particulièrement scolaires s’avérant très légèrement décevante.

Si quelques titres de La Musique forment le ventre mou de l’album (Nanortalik, Les Garçons Perdus, Je Suis parti avec toi), ils se déploient de façon impressionnante sur scène en particulier grâce au jeu inventif et aux recherches sonores fouillées du jeune guitariste.

Quant aux chansons à la beauté sidérante de l’album (Le Sens, Immortels, Valparaiso, La Musique) et les hits (Hasta quel cuerpo aguante, Le Bruit Blanc de l’été) celles-ci atteignent une intensité bouleversante, des interprétations comme des moments de grâce.

On y rajoutera l’interprétation remarquable d’un ancien titre (dont je ne connais pas le titre – désolé je ne suis pas un expert du monsieur) où des beats cotonneux et une ligne de synthé blanche et atone d’une part, une voix diaphane et la mélodie cristalline et légère comme la courbe de la chute d’un flocon de l’autre, illustrent parfaitement l’ambiance neigeuse du texte.

Son grand corps robuste et minéral, tout en ondulations maladroites, offre alors ce contraste saisissant, comme un Shrek affublé d’une voix lumineuse servant des textes à la poésie implacable. Une image inoubliable.

Etant parti au beau milieu du pénible concert de la tournéede  de 2004, je demeure partagé par des sentiments ambivalents à l’endroit de sa musique. D’une part impressionné par ses chansons simples, d’une éloquence frappante (en gros les albums La Mémoire Neuve, Auguri ou La Musique), de l’autre agacé par ses titres expressionnistes ambitieux et souvent du mauvais côté du prétentieux : les albums RemuéTout Sera comme Avant et dans une certaine mesure La Matière albums où les limites de son vocabulaire musical se font criantes.

Sentiment ambivalent que le concert perpétue. Non pas en raison de l’artiste mais du public. On pourra en effet regretter que Dominique, contrairement à son ami et compagnon de route Katerine, ne soit pas parvenu à étendre le champ de son audience.

Demeure ainsi la typologie socio-culturelle monolithique de ces fans, et ce sentiment inconfortable un peu comme dans les fims américains bidons, que le public est autant en représentation que l’artiste. Seule ombre au tableau d’un spectacle pour le reste, touchant et remarquable.

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4 comments

  1. Bon, bref t’as passé un bon moment quand même…je regrette de ne pas avoir été présent. Moi aussi mes chansons préférées de Mr A sont les plus simples. Mes albums favoris restent AUGURI, LA FOSSETTE, LA MUSIQUE…
    Quand à la typologie socio-culturelle de ses fans, j’en ai personnellement rien à faire…ce qui m’importe, c’est ce qui se passe sur scène. Après je suis toujours heureux de partager avec les amis qui sont avec moi… Mais ne faisons-nous pas nous deux, Cécil partie intégrante de cette famille socio-culturelle. Pourquoi un Dominique A devrait-il élargir son public à tous prix ? Sa musique en serait-elle meilleure ?
    Les questions sont plus importantes que les réponses…

  2. Pour ce qui est d’élargir son public c’est lui qui le disait sur le petit livret donné à l’entrée du concert, pas moi, hein.

    Et pour ce qui est de l’objectif de la soirée c’était d’écouter de belles chansons jouées de manière vibrante et juste. Ce fut le cas. Malheureusement j’étais plutôt de mauvais poil et j’ai décliné la gentille invite de rejoindre d’autres personnes parce que je n’aurais pas été une compagnie agréable.

    En ce qui concerne la famille socio-culturelle, je ne sais pas pour toi mais pour moi c’est non. (ce serait tellement plus simple …). Même s’il y a quelques mêmes disques, films et magazines avec lesquels on a grandi, la différence est très profonde.

    J’en parle ici, , , oh et puis ou encore (et du coup aussi en fait).

    Les réponses sont pour moi fondamentales : elles sont la colonne vertébrale de ce blog.

  3. Oui je suis au courant de cette soirée…j’ai discuté avec les personnes dont tu parles, mais elles ont très bien compris la chose…don’t worry about that !
    Mais sais-tu vraiment d’où je viens ? En avons-nous vraiment parlé en profondeur ? Mon père était agriculteur, mais il aimait aussi la culture tu sais…
    Bon séjour à toi en Espagne…Vu la super la expo INSIDERS au CAPC ce jour avec mes filles… c’était une très bonne journée…A+

  4. on ne parle pas du tout de la même chose : je ne parle pas d’origine sociale mais d’obsession du statut social, de représentation et de distinction.

    on en reparlera de vive voix si tu veux.

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